À Drummondville, tous peuvent maintenant « nager pour survivre »

Il y a quelques années, le Bureau du coroner du Québec recommandait que des compétences minimales en natation soient enseignées dans toutes les écoles afin de prévenir des noyades. Certains intervenants croyaient alors qu’il était utopique, voire impossible, de mettre en place une telle recommandation. Le Réseau aquatique Drummondville et ses partenaires en ont tout récemment prouvé le contraire.

Depuis l’automne, la formation «Nager pour survivre» (NPS) de la Société de sauvetage du Québec est offerte à tous les élèves de 3e année du territoire de la Commission scolaire des Chênes (CSDC), et ce, sans exception et tout à fait gratuitement. Une première dans la Belle Province.

«C’est par des initiatives comme celles-là que l’on vient faire la différence», commente le directeur général de la Société de sauvetage, Raynald Hawkins.

Cette année, le Collège Saint-Bernard et la Drummondville Elementary School ont emboîté le pas et ont adhéré au programme déjà établi au sein de la commission scolaire. Ce sont donc 31 écoles, soit 62 classes, pour un total d’environ 1370 enfants qui ont suivi la formation.

Le conseil d’administration du Réseau aquatique Drummondville souhaitait que le projet soit offert gratuitement afin de rejoindre le maximum de jeunes, autant dans les milieux aisés que défavorisés.

«Notre territoire est vaste et les milieux socioéconomiques sont très variés. Nous donnons donc une chance égale à tous les enfants de pouvoir nager et cela constitue une étape essentielle dans la prévention de la noyade. C’est un cadeau pour la vie», indique la directrice générale de la CSDC, France Lefebvre.

Les frais de transport des élèves, les dépenses pour les moniteurs, les frais de gestion et les frais de brevet sont assumés par le Réseau aquatique Drummondville. De plus, tous les participants reçoivent une carte qui leur donne l’accès gratuit aux piscines libres intérieures de la Ville pour qu’ils puissent continuer à s’améliorer.

Le coût du projet implanté à Drummondville est estimé à 32 000 $ par année, soit 23 $ par enfant. La Société de sauvetage en finance la moitié par le biais d’une subvention provenant de La Fondation Princesse Charlène de Monaco. L’autre part provient du Réseau aquatique Drummondville.

Afin de poursuivre sa mission d’offrir cette formation gratuitement, le Réseau tend maintenant la perche au secteur privé pour l’aider financièrement. Et déjà, pour l’an prochain, la Ville de Drummondville a annoncé qu’elle appuyait le programme en octroyant une subvention de 5000 $.

Le directeur de la Société de sauvetage indique que le principal défi dans l’implantation à grand déploiement du programme est de convaincre les partenaires, les municipalités et les écoles d’en faire autant. «Il y a une concertation à faire. Et le modèle à Drummondville est un modèle qui doit être copié ailleurs au Québec.»

Le programme

Le programme débute par de la sensibilisation en classe. Trois comportements sécuritaires sont alors au cœur de la discussion lors de cette visite; toujours se baigner avec un ami, regarder avant de plonger et porter une veste de flottaison individuelle (VFI) bien adaptée.

La formation comporte également une partie en piscine. Chaque enfant est invité à participer à trois ateliers d’une heure dans l’eau dont le but est d’apprendre, de pratiquer et de tenter de réussir la norme «Nager pour survivre». L’entrée par roulade en eau profonde a pour objectif de s’orienter à la surface de l’eau après une chute inattendue. La nage sur place pendant une minute permet de reprendre son souffle, son calme et de repérer un endroit sécuritaire. Finalement, l’enfant qui réussit à nager sur une distance de 50 mètres augmente sa confiance en ses capacités et ses chances de survie.

Après ces trois ateliers, les moniteurs de natation évaluent la norme pour chaque enfant. Tous reçoivent un certificat avec l’une ou l’autre des mentions suivantes : «réussi», «réussi à l’aide d’une VFI (veste de flottaison individuelle)» ou «tenté de réussir».

Le résultat, transmis au parent, donne de l’information sur les capacités aquatiques de leur enfant. Cette lecture de façon normée a notamment pour objectif de leur faire réaliser ce que leur enfant est capable de faire, ou non, donc de les amener à réfléchir sur le danger potentiel.

De façon générale, 50% des participants atteignent la norme NPS. Dans environ 36 % des cas, l’enfant réussit en portant la veste de flottaison individuelle.

«Le plus alarmant dans tout cela est qu’il y a encore 10 % des enfants qui, même avec le gilet de sauvetage, ne réussissent pas la norme», fait remarquer la directrice du Réseau aquatique Drummondville, Lucie Roy.

Selon Mme Roy et M. Hawkins, la norme «Nager pour survivre» permet ainsi aux parents de faire la différence entre «savoir se baigner» et «savoir nager»… une question qui peut s’avérer être de vie ou de mort…


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